Herzégovine
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Départ de Sarajevo le Mardi 22 Août,
le séjour en ville nous a quelque peu engourdis et sortir de la
ville n'est pas une mince affaire sur cette 2 x 3 voies entre bus, camions,
voitures et trams... Les patisseries de l'excellente boulangerie de Sarajevo
nous donnent le courage d'arriver jusqu'à l'aéroport où
nous fêtons l'anniversaire de Caro. Un contingent Français
y est stationné pour garder l'aéroport. Entendre parler français
nous fait tout drôle, il ne manque plus que la baguette et le camembert
pour se croire en France un dimanche midi ... car ici aussi la grasse mat'
est une véritable institution ... quotidienne! C'est sympa de discuter
un peu malgré que notre connaissance sur le terrain ne progresse
pas ( nos gars en vert n'ont jamais eu l'occasion de sortir de leur base,
sauf bien sur pour aller à Sarajevo... ) L'un d'eux nous propose
de profiter de la poste interne pour faire parvenir un colis aux parents
de Caro... histoire d'alléger un peu les vélos ... COLIS
QUE NOUS ATTENDONS TOUJOURS !
Les environs de l'aéroport sont anéantis et les terrains minés ne sont pas loins ... il faut dire qu'ici, le front fut actif tout au long de la guerre... Quand nous reprenons la route nous passons en République Serbe pour ne plus la quitter jusqu'en Croatie. |
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Nous avons un vrai coup de coeur pour cette région. A chaque voiture qui passe, ce sont les coucous, ainsi que sur les bords des routes, les gars qui sont en chantier nous lancent quelques mots d'encouragement, ce sont des sourires comme nous n'avons jamais eu auparavant... C'est sûr que dans cette région, les habitants ne sont pas habitués à voir beaucoup de touristes, et sont certainement contents de voir des étrangers autres que des militaires... Nous rencontrons notamment une vieille dame, Vicna, qui passe la soirée avec nous, et même si nous ne parlons aucune langue en commun, le courant passe, nous rions bien, c'est tellement simple. La nuit tombe, Vicna nous fait comprendre qu'elle doit aller au village, après quelques godets, elle reviendra tard dans la soirée pour offrir des chaussons qu'elle a tricoté elle-même à Caro. Nous sommes ébahis devant ce bout de femme au visage si expressif et si chaleureux. |
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L'Herzegovine est une region plutôt montagneuse, avec peu d'infrastructures au niveau des routes, ce qui nous vaudra pas mal de pistes rocailleuses, soit dit en passant, pas l'idéal pour les vélos de course... Le paysage est aride, la roche blanche, les vaches que nous croisons sont plus occupées à mâcher des canettes de coca qu'elles trouvent dans les nombreuses décharges naturelles (...) que de l'herbe. | ![]() |
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Sur la route (la piste), une voiture nous accoste et nous propose de les rejoindre dans leur bar qui est à 20 km. 20 km plus loin, la voiture nous attend sagement en pleine brousse et nous fait signe de les suivre. Le chemin semble se perdre dans le fond d'une vallée où nous découvrons un cahute en bois recouverte d'un filet de camouflage au bord d'une rivière.... où sommes nous arrivés ? Ils nous offrent un coca, la musique est à fond, l'un des deux gars est un peu bourré et emmerde Caro. Petit à petit, nous faisons connaissance avec les gens qui campent ici. Ils ont tous l'air de se connaître, aparemment, ils habitent en majorité en Yougoslavie et reviennent dans leur coin pour les vacances. La conversation s'oriente sur la guerre, sujet délicat parmi tous ces gens qui semblent être des vétérans. Avec le peu de mots que nous connaissons en Serbe et les quelques mots anglais et allemands qu'ils connaissent, nous constatons que nous avons un point de vue différent sur la situation tant passée que présente. L'un d'eux nous déconseille d'aller au Monténégro (des touristes viennent d'y être arrêtés). La "discussion" va bon train lorsque l'un des gars affirme en désignant un autre qu'il a tué une femme et un enfant, l'autre rigole et renvoie la balle... Nous nous sentons mal à l'aise, quelle est la part de vérité dans tout ce qu'ils disent? Ce fait jette un froid et l'heure avance : nous devons partir, avec une question en tête : qui sont les gens avec lesquels nous avons passé une partie de l'après midi, quelle aurait été notre place dans un tel conflit?
Après deux jours, plusieurs rencontres, des dizaines de sourires et après une piste particulièrement éprouvante nous "tombons" sur une patrouille de police : contrôle des papiers... nous comprenons vite qu'ils ne sont pas en règle à leurs yeux : il manque le tampon d'entrée sur le territoire... nous repartons une bonne demi-heure plus tard, Sacha crève aussitôt après. Les enfants du village puis leurs parents se rassemblent autour de nous : cette chaleur, ces rires nous font presque oublier l'incident précédent.
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