Herzégovine

 
Sur la route (la piste), une voiture nous accoste et nous propose de les rejoindre dans leur bar qui est à 20 km. 20 km plus loin, la voiture nous attend sagement en pleine brousse et nous fait signe de les suivre. Le chemin semble se perdre dans le fond d'une vallée où nous découvrons un cahute en bois recouverte d'un filet de camouflage au bord d'une rivière.... où sommes nous arrivés ? Ils nous offrent un coca, la musique est à fond, l'un des deux gars est un peu bourré et emmerde Caro. Petit à petit, nous faisons connaissance avec les gens qui campent ici. Ils ont tous l'air de se connaître, aparemment, ils habitent en majorité en Yougoslavie et reviennent dans leur coin pour les vacances. La conversation s'oriente sur la guerre, sujet délicat parmi tous ces gens qui semblent être des vétérans. Avec le peu de mots que nous connaissons en Serbe et les quelques mots anglais et allemands qu'ils connaissent, nous constatons que nous avons un point de vue différent sur la situation tant passée que présente. L'un d'eux nous déconseille d'aller au Monténégro (des touristes viennent d'y être arrêtés). La "discussion" va bon train lorsque l'un des gars affirme en désignant un autre qu'il a tué une femme et un enfant, l'autre rigole et renvoie la balle... Nous nous sentons mal à l'aise, quelle est la part de vérité dans tout ce qu'ils disent? Ce fait jette un froid et l'heure avance : nous devons partir, avec une question en tête : qui sont les gens avec lesquels nous avons passé une partie de l'après midi, quelle aurait été notre place dans un tel conflit? 
Après deux jours, plusieurs rencontres, des dizaines de sourires et après une piste particulièrement éprouvante nous "tombons" sur une patrouille de police : contrôle des papiers... nous comprenons vite qu'ils ne sont pas en règle à leurs yeux : il manque le tampon d'entrée sur le territoire... nous repartons une bonne demi-heure plus tard, Sacha crève aussitôt après. Les enfants du village puis leurs parents se rassemblent autour de nous : cette chaleur, ces rires nous font presque oublier l'incident précédent.