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Lorsque nous nous présentons au poste frontière, à
notre question sur la situation en Bosnie, le douanier hongrois nous répond
:"a lot of bad people there"... nous voici prévenus....
La première vision des séquelles de la guerre est troublante : éclats d'obus sur la route, impacts de balles sur les maisons, sur les glissières de bord des routes, sur les panneaux de signalisation, pilônes électriques où pendouillent les fils, voies ferrées retournées... Des panneaux indiquent la présence de mines... Le soir tombe, nous nous demandons où nous allons planter la tente. |
Un panneau attire notre attention : " Aide de l'Union
Européenne pour un programme de retour des populations ". Nous allons
demander aux habitants de ce village si on peut y camper. On va se trouver
un coin de d'herbe entre les maisons criblées de balles, la tranchée,
la route et le champ bourré de mines. Tous les habitants du village
vont nous rendre visite : une dame nous donne une pastèque, son
mari reste à nous parler en serbo-croate sans perdre une miette
de notre installation et de notre équipement, une dame vivant aujourd'hui
en allemagne qui rend visite à sa soeur nous décrit comment
ce village a changé depuis la guerre...., et deux gamins Anton et
Josip passent la soirée avec nous, ils nous offrent de la citronnade.
Leur maman Gordona nous invite à regarder la télé
chez eux plus tard dans la soirée. L'accueil des habitants de ce
village, où serbes et croates cohabitent nous fait chaud au coeur
dans ce paysage complètement dévasté.
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